jeudi 10 novembre 2011

DE LA MISERE EN MILIEU FEMINISTE (document)

DE LA MISERE EN MILIEU FEMINISTE 
ou la pouffiasserie à visage humain
 
(Extrait)


POUR EN FINIR AVEC LE FEMINISME

Nous pouvons affirmer sans grand risque de nous tromper que la femme « émancipée » est, à l'encontre du policier, du prêtre et de l'étudiant, l'être le plus universellement adulé. Si les raisons pour lesquelles on l'adule sont toujours de mauvaises raisons qui relèvent des critères dominants de la féminité auxquels elle s'identifie complètement (la séduction, le mauvais goût, la simulation, les minauderies, les effluves, la sensualité et les mystères féminins qui n'ont de secrets pour personne), les raisons pour lesquelles elle est méprisable et effectivement méprisée du point de vue de la critique révolutionnaire sont refoulées et inavouées. Les tenants de la fausse contestation savent pourtant les reconnaître et s'y reconnaître. Ils unissent l'adulation au mépris en une feinte admiration complaisante. Ainsi, l'impuissante intelligentsia pro-révolutionnariste (de Vincennes au mouvement Choisir en passant par le torchon Libération) se pâme devant la généralisation de la participation des femmes à la gestion de ce monde et les organisations bureaucratiques effectivement déclinantes (syndicats, parti dit communiste, parti socialiste, néo-gauchistes) se disputent jalousement le privilège de concourir à leur émancipation par le biais du racolage. Nous ne montrerons pas les raisons de cet intérêt pour les femmes « émancipées », mais comment celles-ci participent positivement à la réalité dominante du capitalisme surdéveloppé.

mardi 8 novembre 2011

QUE SAVENT-ILS, CEUX QUI DIRIGENT ROSSERYS & MITCHELL?


Ils savent que gagner de l’argent, c’est la seule activité qui vaille. Ils savent que c’est cela, l’important, et que tout le reste, comme ils disent, c’est de la littérature. Ils savent que le pouvoir temporel est plus important que le pouvoir intemporel. Ils aiment les écrivains, les peintres et les musiciens morts, mais non ceux qui vivent et travaillent dans le même temps qu’eux. Ils ne craignent Dieu que quand ils sont petits ou quand ils sont près de mourir. Ils savent que les rapports entre les individus et entre les peuples ne sont fondés que sur la force et la richesse. Ils savent qu’en ce bas monde un bon banquier est plus utile qu’un bon confesseur ou qu’une femme aimante. Ils savent que l’homme et la terre ont été créés pour dominer l’univers et que, sous le soleil, rien ne vaut un bon gisement de cuivre, une vaste nappe de pétrole, un immense troupeau de bêtes à cornes et à poils. Ils savent que les hommes ne naissent pas égaux entre eux, que ce sont là des histoires et que, si des peuples l’inscrivent dans des constitutions, c’est tout simplement parce que c’est plus satisfaisant pour l’esprit, plus commode dans les rapports sociaux. Ils savent qu’il en est de même pour ceux qui disent qu’ils croient en Dieu. Ils savent que tout s’achète et que tout se vend.
(…)
Ils savent que l’important, c’est de tout acheter, de tout avoir, de tout manipuler, et non d’accorder les forces financières, industrielles et commerciales aux besoins des peuples. Ils savent que fabriquer des chaises ou des automobiles n’est pas nécessaire ni primordial, mais que seule compte la somme des bénéfices qu’à la fin de l’année rapporteront ces fabrications. De nos jours, les dirigeants de Rosserys & Mitchell savent même abattre des gouvernements, noyauter les conférences internationales, couler une monnaie, provoquer des guerres et les arrêter au moment opportun pour leurs intérêts. Ainsi qu’on le voit, ils savent beaucoup de choses. Et, comme on peut le supposer, il leur faut disposer d’immenses capacités intellectuelles et morales pour assumer des tâches aussi lourdes. Heureusement qu’ils sont là. C’est pourquoi, prions Dieu que notre société gagne la guerre économique pour le plus grand bonheur de tous les hommes et supplions-Le de garder en bonne santé les chefs qui veillent sur notre croissance et notre expansion. En dévoilant un peu de ce qu’ils savent et de ce qu’ils supportent, j’aurai contribué à les faire mieux respecter.
René-Victor Pilhes, L’imprécateur, Seuil (1974)

lundi 7 novembre 2011

Nanoparticules : on vous l'avait bien dit (PMO)

Suite à l’annonce du Commissariat à l’énergie atomique sur les dangers des nanoparticules pour le cerveau, vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe le communiqué de Pièces et Main d’oeuvre.

Merci de faire circuler,
Pièces et Main d’oeuvre

***

On vous l’avait bien dit

Les nanoparticules, c’est bon pour l’industrie de la contrainte


« Des chercheurs du CEA et de l’Université Joseph-Fourier ont mis en évidence que des nanoparticules de dioxyde de titane (nano-TiO2) altèrent une barrière physiologique essentielle pour la protection du cerveau : la barrière hémato-encéphalique. (…) Ces résultats suggèrent que la présence de nano-TiO2 pourrait être à l’origine d’une inflammation cérébro-vasculaire. Ils suggèrent également qu’une exposition chronique, in vivo, à ces nanoparticules pourrait entrainer leur accumulation dans le cerveau avec un risque de perturbation de certaines fonctions cérébrales. »

Dans ce communiqué du 26 octobre 2011, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) confirme, huit ans après, les informations de Pièces et main d’oeuvre : les nanoparticules fournissent à l’industrie du cancer et des maladies neurodégénératives sa prochaine épidémie.

Depuis 2003 et le premier numéro du bulletin Aujourd’hui le nanomonde,[1] nous dénonçons les promoteurs grenoblois des nanotechnologies – Destot, Fioraso, Vallini, Therme et tout le techno-gratin – qui investissent dans les progrès de l’empoisonnement et dans le cercle mortifère de la croissance économique : plus de toxiques innovants égale plus de malades résolument modernes, donc plus de recherche de pointe pour découvrir les traitements du futur.

Ce 26 octobre 2011, le Commissariat à l’énergie atomique, qui pilote la recherche française en nanotechnologies, admet que nous avions raison. Michel Destot, maire PS-CEA de Grenoble, ne commentera pas le communiqué de son ancienne maison. Lui, l’ingénieur atomiste qui n’a toujours pas réagi à la catastrophe nucléaire de Fukushima, n’avouera pas ses mensonges de 2006, lorsqu’il proclamait en tribune, pour l’inauguration de Minatec : « Car enfin ! de quoi parlons-nous ? D'une révolution technologique majeure porteuse de nombreuses promesses pour notre santé, notre qualité de vie, l'avenir environnemental de la planète, etc. »

Au CEA, il faut distinguer les équipes qui produisent les cancers – après le nucléaire, les nanoparticules – et celles qui prétendent les guérir.
C’est pourquoi on n’entendra pas non plus les responsables de Clinatec, la clinique expérimentale du CEA-Minatec destinée à nous mettre « des nanos dans le cerveau »[2] , à propos du communiqué alarmant de leurs collègues. Comprenez bien : le dioxyde de titane nanométrique, dont on produit deux millions de tonnes par an dans le monde, pour en truffer les crèmes solaires, le dentifrice, les peintures murales, le béton et les vitrages autonettoyants, fait en ce moment son chemin dans des millions de cerveaux, promettant aux bidouilleurs de Clinatec des débouchés inespérés. Un fabuleux marché pour leurs implants électroniques cérébraux destinés à corriger les symptômes de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer, et des désordres psychologiques provoqués par les agressions chimiques. Après les pesticides et les métaux lourds, place aux nanoparticules (au fait, l’étude du CEA porte sur le dioxyde de titane, mais nous vous en annonçons autant pour les nanotubes de carbone, encore plus répandus dans notre environnement).

Ayant contaminé l’environnement au point de déclencher des pandémies de cancers et de maladies neurodégénératives, les docteurs Mabuse du CEA vous proposent leurs dernières innovations neurotechnologiques pour piloter votre cerveau et vous soumettre à la contrainte électronique, au prétexte de vous soigner. Voilà pourquoi, depuis plus de dix ans, nous dénonçons les nécrotechnologies et le chantage à la santé des technarques qu’il faudra bien, un jour, juger pour leurs malfaisances.


Pièces et main d’oeuvre
Grenoble, le 27 octobre 2011

[1] Cf Aujourd’hui le nanomonde. Nanotechnologies, un projet de société totalitaire. Pièces et main d’¦uvre (Editions L’Echappée, 2008)

[2] Pour en savoir plus sur Clinatec et les neurotechnologies, lire L’industrie de la contrainte, Pièces et main d’oeuvre & Frédéric Gaillard (Editions L’Echappée, oct. 2011)

Voie du funambule (situation de transhumance)


N. R. : Si on regarde bien la photo, on reconnaît les tours jumelles du World (Word) Trade Center !... Non seulement le Verbe, mais le bla-bla-bla aussi s'est effondré !... L'équilibriste a-t-il survécu ?...
M. K. : Philippe Petit vit, son support non.
"Le Funambule (Man on Wire) est un film documentaire britannique réalisé par James Marsh (en) en 2008. Le film retrace l'histoire de la traversée sur un câble d'acier par le funambule français Philippe Petit, à New York, entre les deux tours du World Trade Center, en août 1974." (extrait wikipedia) 

jeudi 3 novembre 2011

"L'argent est-il devenu obsolète ?"

 source : /www.lemonde.fr/idees/

Médias et instances officielles nous y préparent : dans les prochains mois, voire semaines, une nouvelle crise financière mondiale va se déclencher, et elle sera pire qu'en 2008. On parle ouvertement des catastrophes et désastres. Mais qu'est-ce qui va arriver après ? Quelles seront nos vies après un écroulement des banques et des finances publiques à vaste échelle ? Actuellement, toutes les finances européennes et nord-américaines risquent de sombrer ensemble, sans sauveur possible.

Mais à quel moment le krach boursier ne sera-t-il plus une nouvelle apprise dans les médias, mais un événement dont on s'apercevra en sortant dans la rue ? Réponse : quand l'argent perdra sa fonction habituelle. Soit en se faisant rare (déflation), soit en circulant en quantités énormes, mais dévalorisées (inflation). Dans les deux cas, la circulation des marchandises et des services ralentira jusqu'à pouvoir s'arrêter complètement : leurs possesseurs ne trouveront pas qui pourra les payer en argent "valable" qui leur permet à leur tour d'acheter d'autres marchandises et services. Ils vont donc les garder pour eux.
On aura des magasins pleins, mais sans clients, des usines en état de fonctionner parfaitement, mais sans personne qui y travaille, des écoles où les professeurs ne se rendent plus, parce qu'ils seront restés depuis des mois sans salaire. On se rendra alors compte d'une vérité qui est tellement évidente qu'on ne la voyait plus : il n'existe aucune crise dans la production elle-même. La productivité en tous les secteurs augmente continuellement. Les surfaces cultivables pourraient nourrir toute la population du globe, et les ateliers et usines produisent même beaucoup plus que ce qui est nécessaire, souhaitable et soutenable. Les misères du monde ne sont pas dues, comme au Moyen Age, à des catastrophes naturelles, mais à une espèce d'ensorcellement qui sépare les hommes de leurs produits.
Ce qui ne fonctionne plus, c'est l'"interface" qui se pose entre les hommes et ce qu'ils produisent : l'argent. La crise nous confronte avec le paradoxe fondateur de la société capitaliste : la production des biens et services n'y est pas un but, mais seulement un moyen. Le seul but est la multiplication de l'argent, c'est d'investir un euro pour en tirer deux.
Cependant, les contempteurs du capitalisme financier nous assurent que la finance, le crédit et les Bourses ne sont que des excroissances sur un corps économique sain. Une fois la bulle crevée, il y aura des turbulences et des faillites, mais finalement ce ne sera qu'une tempête salutaire et on recommencera ensuite avec une économie réelle plus solide. Vraiment ? Aujourd'hui, nous obtenons presque tout contre payement. Si le supermarché, la compagnie d'électricité, la pompe à essence et l'hôpital n'acceptent alors que de l'argent comptant, et s'il n'y en a plus beaucoup, nous arrivons vite à la détresse. Si nous sommes assez nombreux, nous pouvons encore prendre d'assaut le supermarché, ou nous brancher directement sur le réseau électrique.
Mais quand le supermarché ne sera plus approvisionné, et la centrale électrique s'arrêtera faute de pouvoir payer ses travailleurs et ses fournisseurs, que faire ? On pourrait organiser des trocs, des formes de solidarité nouvelles, des échanges directs : ce sera même une belle occasion pour renouveler le lien social. Mais qui peut croire qu'on y parviendra en très peu de temps et à une large échelle, au milieu du chaos et des pillages ? On ira à la campagne, disent certains, pour s'approprier directement des ressources premières. Dommage que la Communauté européenne ait payé pendant des décennies les paysans pour couper leurs arbres, arracher leurs vignes et abattre leur bétail... Après l'écroulement des pays de l'Est, des millions de personnes ont survécu grâce à des parents qui vivent à la campagne et aux petits potagers. Qui pourra en dire autant en France ou en Allemagne ?
Il n'est pas sûr qu'on arrivera à ces extrêmes. Mais même un écroulement partiel du système financier nous confrontera avec les conséquences du fait que nous nous sommes consignés, mains et poings liés, à l'argent, en lui confiant la tâche exclusive d'assurer le fonctionnement de la société. L'argent a existé depuis l'aube de l'histoire, nous assure-t-on : mais dans les sociétés précapitalistes, il ne jouait qu'un rôle marginal. Ce n'est que dans les dernières décennies que nous sommes arrivés au point que presque chaque manifestation de la vie passe par l'argent et que l'argent se soit infiltré dans les moindres recoins de l'existence individuelle et collective.
Mais l'argent n'est réel que lorsqu'il est le représentant d'un travail vraiment exécuté et de la valeur que ce travail a créée. Le reste de l'argent n'est qu'une fiction qui se base sur la seule confiance mutuelle des acteurs, confiance qui peut s'évaporer. Nous assistons à un phénomène pas prévu par la science économique : non à la crise d'une monnaie, et de l'économie qu'elle représente, à l'avantage d'une autre, plus forte. L'euro, le dollar et le yen sont tous en crise, et les rares pays encore notés AAA par les agences de notation ne pourront pas, à eux seuls, sauver l'économie mondiale. Aucune des recettes économiques proposées ne marche, nulle part. Le marché fonctionne aussi peu que l'Etat, l'austérité aussi peu que la relance, le keynésianisme aussi peu que le monétarisme.
Nous assistons donc à une dévalorisation de l'argent en tant que tel, à la perte de son rôle, à son obsolescence. Mais non par une décision consciente d'une humanité finalement lasse de ce que déjà Sophocle appelait "la plus funeste des inventions des hommes", mais en tant que processus non maîtrisé, chaotique et extrêmement dangereux. C'est comme si l'on enlevait la chaise roulante à quelqu'un après lui avoir ôté longtemps l'usage naturel de ses jambes. L'argent est notre fétiche : un dieu que nous avons créé nous-mêmes, mais duquel nous croyons dépendre et auquel nous sommes prêts à tout sacrifier pour apaiser ses colères...
Personne ne peut dire honnêtement qu'il sait comment organiser la vie des dizaines de millions de personnes quand l'argent aura perdu sa fonction. Il serait bien d'admettre au moins le problème. Il faut peut-être se préparer à l'après-argent comme à l'après-pétrole.

Comme un "effet de levier" (situation de transhumance)

« Je sais que vous les comptez [les peuples - aujourd'hui on dirait le peuple] pour rien, parce que la cour est armée ; mais je vous supplie de me permettre de vous dire que l’on doit les compter pour beaucoup, toutes les fois qu’ils se comptent eux-mêmes pour tout. Ils en sont là : ils commencent eux-mêmes à compter vos armées pour rien, et le malheur est que leur force consiste dans leur imagination ; et l’on peut dire avec vérité qu’à la différence de toutes les autres sortes de puissance, ils peuvent, quand ils sont arrivés à un certain point, tout ce qu’ils croient pouvoir. »
« Les peuples [le peuple] sont las quelque temps devant [avant] que de s’apercevoir qu’ils le sont. Ce qui cause l’assoupissement dans les États qui souffrent est la durée du mal, qui saisit l’imagination des hommes, et qui leur fait croire qu’il ne finira jamais. Aussitôt qu’ils trouvent jour à en sortir, ce qui ne manque jamais lorsqu’il est venu jusques à un certain point, ils sont si surpris, si aises et si emportés, qu’ils passent tout d’un coup à l’autre extrémité, et que bien loin de considérer les révolutions comme impossibles, ils les croient faciles ; et cette disposition toute seule est quelquefois capable de les faire. »

Extrait des « Mémoires » de Paul de Gondi, alias le Cardinal de Retz (1613-1679)

mardi 1 novembre 2011

Du grain à moudre (situation de transhumance)

La critique de la valeur digérer et diffuser  par les cercles institués:
André Orléan, L’Empire de la Valeur

Comment expliquer que des millions de producteurs et de consommateurs séparés arrivent à se coordonner pour faire fonctionner des économies de marché ? Jusqu’ici, la pensée économique y a répondu en attribuant une valeur à chaque objet marchand, rendant ainsi les échanges possibles. Ce qui ne fait que déplacer la question : qu’est-ce qui détermine alors la valeur des choses ?
(…)
André Orléan pose, après René Girard, que les individus ne savent pas ce qu’ils désirent et que, pour déterminer ce qui mérite d’être acquis, ils regardent ce qu’achètent les autres, avant de suivre par désir mimétique. Ils vont alors décider d’obtenir les objets de prestige qui leur permettront de se différencier socialement. Et le premier d’entre eux est la monnaie, car sa liquidité, sa capacité à être acceptée par les autres comme pouvoir d’achat, est première. Ainsi, « la fascination pour l’argent est au fondement de toutes les économies marchandes. Elle en est l’énergie primordiale. »

Reflections on the occupations past and future.

“The coming occupations will have no end in sight, and no means to resolve them. When that happens, we will finally be ready to abandon them.”
When we wrote that in December 2008 in New York City, after occupying a university building by Union Square, we were treated as youthful idealists, nihilist anarchists, even fascist thugs. What are your demands? they asked. But what are you for? they wondered. Occupy everything? they shrieked.
Alas. Our premonitions have come to pass.
It was only a matter of time. When the crisis first hit in the fall of 2008, its effects were diffuse, with individuals all over the country feeling it simultaneously, yet not collectively. Students, who have both the time to act and think free from the imperative to work, naturally reacted first. With an insurrection in Greece brewing, and a legitimation crisis of the American economy at hand, occupations without demands spread from New York to California, with thousands involved. Demands are irrelevant when no one can hear you, and so the only real demand was to occupy itself. Immature maybe, but not stupid. With foreclosures growing exponentially, and unemployment skyrocketing as well, occupying one’s space and means of living is the most obvious of actions. In the most unpolitical of Western democracies, one must first create a space for politics to emerge.
But students on their own are nothing. Especially left radical ones.
Always half way in and half way out of work, the student can only express frustration of what is to come, not what has been. Hence, the theoretical advantage of the current wave of occupations, which takes it starting point not as the looted future, but rather the broken present. From here, one no longer needs to “convince” others what “may” happen; rather, the present itself is cracking underneath everyone’s feet. And only those living in skyscrapers can avoid the initial fractures.

Prémonitions – sur les occupations aux États-Unis


Traduction d’un petit pamphlet écrit par un camarade américain sur les occupations.

Prémonitions
« Les occupations qui viennent n’auront en vue aucune fin, et aucun moyens de les résoudre. Quand cela arrivera, nous serons enfin prêts à les abandonner. »
Quand nous écrivions cela en décembre 2008 à New York, après avoir occupé un bâtiment de l’université à Union Square, on nous prenait pour de jeunes idéalistes, des anarchistes nihilistes, voir même des voyous fascistes. Quelles sont vos revendications ? nous demandaient-ils. Mais qu’est-ce que vous proposez ? se demandaient-ils. Tout occuper ? hurlaient-ils.
Hélas. Nos prémonitions se sont réalisées.